Santé

Covid-19 : le ministère maintient la vaccination au 13 octobre

Malgré la hausse des cas depuis la rentrée, le cabinet de Stéphanie Rist juge les indicateurs insuffisants pour avancer la campagne de vaccination.

Garance Lefèvre Par Garance Lefèvre
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Covid-19 : le ministère maintient la vaccination au 13 octobre
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La campagne de vaccination contre la Covid-19, menée en même temps que celle contre la grippe, doit débuter le mardi 13 octobre, d’après un courrier du ministère de la Santé adressé aux professionnels le 22 septembre, rapporte franceinfo. Face à la hausse des cas observée depuis la rentrée, plusieurs médecins voudraient l’avancer. Le cabinet de la ministre Stéphanie Rist leur répond qu’à ce stade, les indicateurs ne justifient pas d’anticiper la campagne.

En bref

  • Le cabinet de la ministre Stéphanie Rist leur répond qu’à ce stade, les indicateurs ne justifient pas d’anticiper la campagne.
  • Son confrère Eric d’Ortenzio, directeur du département Santé et Sociétés à l’Institut de recherche pour le développement, partage ce constat en théorie, mais souligne de fortes contraintes logistiques.
  • La vaccination reste recommandée, en particulier pour les plus exposées, car elle protège des formes graves et du risque de Covid long.

Un calendrier national, deux exceptions

Mayotte a déjà lancé sa campagne en septembre, et La Réunion suit le rythme de l’hémisphère sud, précise Sud Ouest. Ailleurs, la date reste celle du 13 octobre. Depuis la rentrée, le nombre de cas augmente progressivement, notamment en Île-de-France, où la présence accrue du virus dans les eaux usées et la hausse des consultations en témoignent. Rien n’indique toutefois une forte pression sur les hôpitaux. Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies relève lui aussi une reprise en Europe, avec peu de répercussions hospitalières à ce stade.

Des indicateurs en hausse, mais jugés bas

Selon les données de Santé publique France au 30 septembre, citées par Santé Magazine, les passages aux urgences pour suspicion de Covid-19 ont progressé de 22 % en une semaine. Les interventions de SOS Médecins pour le même motif ont augmenté de 19 %, soit 173 actes de plus. De son côté, le réseau Sentinelles note, pour la semaine du 21 au 27 septembre, une hausse de l’incidence des infections respiratoires aiguës vues en médecine générale dans toutes les tranches d’âge, avec 576 cas déclarés, surtout liés aux rhinovirus et au Sars-CoV-2.

Indicateur Observation
Urgences, suspicions de Covid-19 + 22 % en une semaine
SOS Médecins, même motif + 19 %, soit 173 actes
Sentinelles, infections respiratoires aiguës 576 cas déclarés du 21 au 27 septembre
Grippe, selon le ministère taux de positivité en baisse dans l’Hexagone

Le ministère reconnaît que le virus circule, tout en jugeant faibles, à l’échelle du pays comme de chaque région hexagonale, les conséquences sanitaires de la cohabitation des virus respiratoires. Au regard de la situation épidémiologique et de l’expertise des agences, il ne voit donc pas de nécessité sanitaire d’avancer la campagne.

Avancer ou maintenir : les arguments des médecins

Jérôme Marty, médecin généraliste à Villemur-sur-Tarn, en Haute-Garonne, et président du syndicat libéral Union française pour une médecine libre (UFML), voit défiler des patients atteints de Covid depuis plusieurs semaines. Il dénonce un calendrier qui, selon lui, sert le système plutôt que le patient : « On est à la traîne ! »

L’épidémiologiste Mircea Sofonea rappelle que le vaccin n’atteint son efficacité optimale qu’après un délai d’une à deux semaines. À ses yeux, garder un début de campagne en octobre revient à se priver d’une protection maximale. Il estime que le pic pourrait arriver d’ici la fin de la semaine, donc dans la phase descendante de l’épidémie, et qu’il aurait idéalement fallu commencer dès le mois d’août.

Son confrère Eric d’Ortenzio, directeur du département Santé et Sociétés à l’Institut de recherche pour le développement, partage ce constat en théorie, mais souligne de fortes contraintes logistiques. Le courrier du ministère est paru après la mi-septembre : les commandes de vaccins n’ont pu être passées que vers la fin de septembre, et les pharmacies ne seront livrées que dans les jours à venir. Il insiste surtout sur le message à faire passer désormais : se faire vacciner le plus vite possible, d’autant plus après 65 ans ou en présence de risques, comme une grossesse ou une maladie chronique.

Le couplage avec la grippe, un frein à l’anticipation

Avancer la vaccination contre la Covid-19 impliquerait aussi d’avancer celle contre la grippe, associée à elle depuis plusieurs années. Or, d’après le Vidal, l’injection antigrippale ne protège que six à huit mois, et le pic de l’épidémie de grippe survient en général à partir de janvier. Marie-Anne Rameix Welti, qui dirige à l’Institut Pasteur le centre national de référence des virus des infections respiratoires, estime qu’une anticipation affaiblirait l’efficacité contre la grippe, une maladie qui reste plus sévère que le Covid.

Elle rappelle que la saisonnalité du Covid n’est pas encore totalement établie. Si une circulation de fin d’été se confirmait, la double campagne à date commune perdrait de son sens. En attendant les études, elle recommande aux personnes les plus fragiles une seconde injection lors de la campagne de printemps, afin de couvrir août et septembre.

Dissocier les deux campagnes, en avançant seulement celle contre la Covid, est une autre piste. Mais des médecins craignent que la couverture vaccinale, déjà jugée largement insuffisante, ne baisse encore, car il est difficile de mobiliser plusieurs fois, à des dates rapprochées, des personnes fragiles.

Qui est concerné et comment se faire vacciner

La vaccination d’automne s’adresse aux personnes de 65 ans et plus. Elle est aussi recommandée à d’autres publics :

  • les nourrissons dès 6 mois, les enfants, les adolescents et les adultes atteints de comorbidités ;
  • les femmes enceintes, quel que soit le trimestre ;
  • les résidents des Ehpad et des unités de soins de longue durée ;
  • l’entourage des personnes immunodéprimées ou vulnérables, professionnels de santé et du secteur médicosocial compris.

L’Assurance maladie prend ces vaccins en charge à 100 %. Les injections contre la Covid-19 et contre la grippe peuvent être réalisées le même jour, sur deux sites différents, c’est-à-dire un vaccin dans chaque bras. On compte environ 19 millions de personnes exposées à un risque de forme grave, que ce soit pour la grippe ou pour le Covid. La vaccination reste recommandée, en particulier pour les plus exposées, car elle protège des formes graves et du risque de Covid long.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : The wub. Licence : CC BY-SA 4.0.

Garance Lefèvre

Cosmétiques, santé, maison et loisirs

Garance Lefèvre

Garance Lefèvre a longtemps tenu un stand de savons et de baumes sur les marchés de Drôme avant de se consacrer à l'écriture. Sur Biotissime, elle suit la cosmétique naturelle : lecture des listes d'ingrédients, labels, routines simples et recettes à faire à la maison. Elle précise toujours ce qu'elle a testé elle-même et ce qui vient d'autres sources. Elle fait pousser sa lavande et son romarin sur un balcon qui ne devrait pas pouvoir les accueillir.