Le sémaglutide prolonge la vie en bonne santé de souris âgées, sans résultat chez l’humain
Face à la restriction calorique, le traitement a fait aussi bien, parfois mieux, chez des souris femelles âgées. Aucune donnée humaine ne l’accompagne encore.
Photo d’illustration. Un stylo injecteur tenu à la main, dans un intérieur clair. Photo d’illustration sur les traitements injectables.
En bref
Une étude parue dans Nature a testé le sémaglutide sur des souris femelles âgées de 20 mois.
Les animaux traités ont gagné en force musculaire et en capacités cognitives face au groupe témoin.
Traitées jusqu’à leur mort, des souris ont vécu près de 100 jours de plus en valeur médiane.
Aucun résultat chez l’humain n’est rapporté à ce stade.
Pour l’instant, la réponse ne vaut que pour la souris. Chez des rongeurs âgés, le sémaglutide a allongé la période de vie en bonne santé en freinant plusieurs effets délétères de l’âge, mais rien ne permet d’en tirer un usage anti-âge chez l’être humain, faute de tout résultat clinique dans ce sens.
Des médicaments connus pour le poids et le diabète
Le sémaglutide appartient à la famille des GLP-1, commercialisée notamment sous les noms Ozempic® et Wegovy®. Ces molécules servent aujourd’hui à accompagner la perte de poids et à traiter le diabète de type 2. L’idée qu’elles puissent aussi agir sur le vieillissement vient d’un travail publié dans la revue Nature, mené sur un modèle animal, comme le détaille Santé Magazine dans un article du 15 octobre 2026.
L’intérêt de ces travaux tient à la portée que leur prête l’un des chercheurs associés au sujet.
« La plupart des maladies chroniques sont profondément ancrées dans le processus de vieillissement. Si les agonistes du GLP-1 parviennent effectivement à le ralentir, alors on peut s’attendre à un large éventail de bénéfices cliniques »
Un stylo injecteur de sémaglutide posé sur son capuchon bleu. Photo d’illustration, sans lien avec l’étude chez la souris. Photo : Haberdoedas Photography / Pexels
Rafael de Cabo, chercheur principal à l’Institut national du vieillissement (NIA) des NIH
La phrase reste au conditionnel : elle formule une hypothèse, pas un constat sur des patients.
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Un protocole bâti autour de la restriction calorique
L’équipe de l’Université de Californie à Berkeley, aux États-Unis, voulait trancher une question simple. Les bénéfices observés tiennent-ils seulement au fait que les animaux mangent moins sous traitement, ou le médicament apporte-t-il quelque chose de plus ? Pour le savoir, elle a confronté directement le sémaglutide à un régime pauvre en calories, la référence classique des études sur la longévité animale.
20 moisâge des souris femelles au début des essais
3 moistraitement comparé au groupe témoin
5 moistraitement comparé au régime hypocalorique
Volet de l’étude
Groupe de comparaison
Résultat d’ensemble
Sémaglutide seul
Souris témoins non traitées
Bénéfices sur plusieurs fonctions liées à l’âge
Sémaglutide contre régime
Souris nourries en hypocalorique
Paramètres physiologiques en grande partie comparables
Traitement prolongé
Souris traitées jusqu’à leur mort
Allongement de la durée de vie médiane
Dans le face-à-face avec le régime, les deux groupes se sont donc ressemblés sur la plupart des mesures. Le médicament a reproduit les effets favorables de la restriction calorique et les a même dépassés sur certains points.
Ce qui a changé chez les souris traitées
Les écarts relevés portent sur des fonctions très différentes :
des muscles et des capacités cognitives en meilleur état que chez les témoins ;
une inflammation moins marquée et une capacité de régénération mieux préservée, deux signes habituels du vieillissement ;
face au régime hypocalorique, une mémoire spatiale et une régulation de la glycémie au-dessus des valeurs de référence ;
une survie médiane prolongée de près de 100 jours chez les animaux traités jusqu’à la fin de leur vie.
Ces observations concernent uniquement des souris femelles déjà âgées. Elles ne disent rien de l’effet du sémaglutide chez une personne en bonne santé, ni d’une prise destinée à retarder le vieillissement : ce médicament reste prescrit pour l’obésité et le diabète de type 2. L’article de Santé Magazine s’appuie par ailleurs sur une présentation des travaux par Medical Xpress, datée du 2 septembre 2026.