Une chute chez les seniors peut déclencher une cascade de complications, selon un gériatre
Contrefort rigide, semelle striée, petit talon : 60 Millions de consommateurs détaille ce qui stabilise le pied des seniors et passe cinq modèles au crible.
En bref
- Une chaussure fermée, légère, à contrefort renforcé et à semelle antidérapante limite le risque de chute.
- Sandales, tongs, mules et talons hauts sont déconseillés aux seniors.
- Sans déformation du pied, une basket simple de premier prix peut suffire, selon une podologue.
- Les chaussures thérapeutiques Chut/Chup sont remboursées à 60 %, une paire par an.
Pour limiter le risque de chute après 65 ans, mieux vaut une chaussure fermée, légère, dotée d’un contrefort renforcé et d’une semelle antidérapante, avec un tout petit dénivelé intérieur. Ces repères viennent d’un dossier de 60 Millions de consommateurs, publié le 22 octobre 2026, qui s’appuie sur un gériatre et une podologue.
Des chutes fréquentes, des conséquences lourdes
Un chausson qui glisse, un pied qui traîne, une cheville qui se dérobe : chez les plus de 65 ans, la chute est un risque élevé. Ces accidents ont souvent lieu à domicile, pendant les gestes du quotidien.
Le Dr Ronan Allain, chef du service gériatrie de l’hôpital de Vichy, souligne que la chaussure est un facteur souvent sous-estimé, y compris par l’entourage et certains professionnels de santé. Il décrit ce qu’il voit : « Il n’est pas rare de voir des patients avec des mules qui ne maintiennent absolument pas le pied et dont les semelles lisses n’adhèrent pas du tout au sol ».
Il explique aussi pourquoi une simple chute pèse autant : « La particularité de la chute chez le sujet âgé, c’est qu’elle peut constituer l’étincelle qui entraîne de nombreuses complications ». Après une fracture imposant l’alitement survient ce qu’il nomme la cascade gériatrique : amaigrissement, fonte musculaire, escarres, avec un surrisque de perte d’autonomie et d’entrée en Ehpad.
Les critères d’une chaussure stabilisante
Les modèles ouverts, sandales et tongs, n’offrent ni maintien ni stabilité, rappelle la podologue Carole Dhieux, coautrice des recommandations de la Haute Autorité de santé sur le pied de la personne âgée en 2020. Les talons sont à proscrire : la surface de contact avec le sol diminue, et le pied perd en sensation comme en proprioception.
- Un contrefort renforcé, c’est-à-dire l’arrière de la chaussure. Selon Carole Dhieux, « il doit être plus rigide que le reste de la chaussure pour stabiliser le pied et éviter que la cheville ne se dérobe ».
- Un avant du pied très souple, pour permettre la flexion nécessaire au déroulé du pas, et un poids léger.
- Une semelle antidérapante, en gomme striée par exemple.
- Un petit talon intérieur de 2 ou 3 cm : marcher à plat tend les articulations du pied, des genoux, des hanches et du dos.
Pour l’enfilage, les modèles à scratchs ou élastiqués conviennent aux personnes très limitées dans leurs mouvements et gardent un bon maintien. Le laçage reste toutefois le meilleur moyen d’ajuster la chaussure au pied.
Orthopédique ou simple basket ?
En cas de déformation (orteils en griffes, hallux valgus, pied diabétique), la podologue préconise des chaussures thérapeutiques Chut/Chup. La Sécurité sociale les prend en charge à 60 %, dans la limite d’une paire par an.
Sans déformation, les modèles orthopédiques, souvent coûteux, ne sont pas nécessaires. Carole Dhieux explique : « J’oriente souvent mes patients vers des petites baskets légères, de celles que l’on trouve dans les magasins de sport ». Elle conseille un premier prix, avec un drop de 8 à 10 mm, et une vraie basket plutôt qu’une sneaker de ville.
Cinq modèles passés en revue
| Modèle | Prix | Points forts | Limites |
|---|---|---|---|
| Decathlon PW 160 Slip On | 25 € | Semelle antidérapante, contrefort renforcé, drop correct | Usage urbain, non sportif |
| Mephisto Toren | 155 € | Bride large et rigide, semelle antidérapante et antichoc | Prix élevé |
| Podowell Suzie02 | 120 € | Modèle Chut en partie remboursé sur prescription | Pas de renfort de contrefort, non lavable |
| Afibel mules scratchées | 20 € | Semelle antidérapante, drop respecté | Talon mal maintenu |
| Damart Piedical | 60 € | Aucun point fort signalé | Arrière-pied libre, talon haut |
Plutôt recommandables
Le modèle Decathlon, polyvalent pour marcher en ville ou à domicile, et le Mephisto si le budget le permet. Le Podowell reste pertinent pour les avant-pieds déformés, malgré un maintien arrière limité.
À éviter en cas de risque
Le Damart est à proscrire en cas d’instabilité, de chutes ou de diabète à risque. Les mules Afibel sont à éviter chez les personnes à risque de chute.
Photo : Vlada Karpovich / Pexels